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Les insectes sociaux : des minis sociétés

Source image : Fourmis (Formicidae sp.) protégeant des pucerons (Aphidoidea sp.). © Thomas Bresson – CC BY 3.0

C’est maintenant un fait connu dans le monde scientifique mais aussi pour les non-scientifiques, l’Homme n’est pas le seul être vivant à avoir une structure sociale hiérarchisée. En effet, de nombreux exemples nous viennent en tête dans le monde des mammifères, avec les structures de meute ou de clan pour le loup ou le lion. Mais le saviez-vous, les insectes ont, eux aussi, une société établis avec une place pour chaque individu dans le groupe. 
Mais à qui pensez-vous ? Les abeilles ? Les fourmis ? Ou encore les termites ? 
La question fondamentale est : comment ces minies sociétés fonctionnent-elles ? 

J’ai eu la chance au cours de l’une de mes matières optionnelles, de deuxième année de Licence en Science du vivant, de pouvoir analyser le fonctionnement d’une société de fourmis. Nous étions allées au Bois de Vincennes à proximité de Paris pour récolter nos échantillons. En salle d’observation en laboratoire, nous avions mis les éléments nécessaires à la reconstruction de leur habitat, et de la croissance du nombre d’individus. Dans cette expérience, nous souhaitions mettre en évidence comment la société des fourmis était agencée.

Nous savions, qu’une colonie de fourmis est constituée des ouvrières, divisées en plusieurs classes, celles qui construisent et approvisionnent la colonie, ce sont les seuls qui sortent. Puis nous avons les nourricières, elles ont pour but de surveiller les larves et de contribuer à leur croissance. En suite, nous avons la Reine, elle est unique dans la colonie, et c’est elle qui produit toutes les larves, selon deux méthodes. Elles peuvent soit être fécondées par les fourmis mâles (qui ont un rôle uniquement reproducteur, car ils décèdent à la suite de la fécondation), soit faire de la parthénogenèse, et les larves issues de cette auto-fécondation, donnerons la future Reine. Ce qu’il faut savoir, c’est que les jeunes Reines ont des ailes, qu’elles perdent quand elles forment leur propre colonie, ou quand elles reprennent la place de leur mère à son décès.

Afin de mieux étudier cette structure sociale, nous avons détruit leur fourmilière et nous avons pu observer le déplacement de la colonie vers un autre endroit. C’est alors, que nous avons pu examiner des fourmis dites éclaireuses (celles qui construisent et approvisionnent la colonie), qui partent à la recherche d’un nouvel espace habitable. La Reine ne sort pas de l’ancien fourmilier pour le moment. Lorsqu’elles ont découvert l’habitat parfait, le déplacement peut débuter. 

Tout d’abord, nous avons pu remarquer le déplacement des différents individus, et notamment celui des larves, les individus les plus fragiles de la colonie. Elles sont déplacées vers le nouveau foyer, le plus reculé dans la fourmilière et il y a toujours 2 à 4 fourmis présentes en permanence, pour les protéger en plus des nourricières. Quand elles sont toutes déplacées, le déplacement de la Reine peut débuter. Ce qui est étonnant, ce sont les mouvements massifs des fourmis en même temps, autour de la Reine. Celle-ci va d’abord faire le tour de la nouvelle fourmilière, puis va pénétrer dedans et rejoindre les larves. Finalement, le reste des ouvrières peuvent enfin se déplacer, en amenant avec elles le plus de matériaux possible et les premières éclaireuses, vont ravitailler la colonie. La vie dans la fourmilière peut reprendre son cours normale. 

Cette étude comportementale, nous prouve l’existence d’une structure sociale établie chez les fourmis. Mais ce type d’architecture communautaire, n’est pas uniquement anthropique, mais bien présente dans tous les taxons animales, des mammifères aux plus petit être vivant. Nous pouvons nous poser la question suivante : serait-ce une caractéristique ancestrale que de former une société stable ? 
Car, aujourd’hui, les scientifiques ont mis en évidence des structures similaires chez les bactéries, lorsqu’elle s’associe en biofilm (ensemble sociétal de plusieurs espèces bactériennes différentes).

Article écrit par Katherine Varga

Bibliographie :

  • Futura Sciences, Fourmis: Secret de la fourmilière, Publié le 04/03/2012, https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/zoologie-fourmi-secrets-fourmiliere-1404/
  • Cours de L2, Organismes non-modèles, Cours des Fourmis, des êtres extraordinaires, avec Mathieu MOLET