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Notre date de naissance influence-t-elle notre santé ?

Vous a-t-on déjà parlé du lien entre votre développement et votre date de naissance ? Non, nous n’allons pas parler d’astrologie, mais pour autant, il est possible selon des études scientifiques que nous allons détailler par la suite, de définir des prédispositions de votre corps en fonction de votre anniversaire. 

Nicholas Tatonetti et son équipe de l’université de Columbia, ont étudié plus de 1.7 millions de dossiers médicaux de patients new-yorkais entre 1985 et 2013. A partir de ces sujets, ils ont été capable de mettre au point un algorithme qui permet d’identifier un lien de cause à effet entre notre mise au monde et 55 pathologies. Mais sur quels facteurs se sont-ils basés pour justifier leurs propositions ? En y réfléchissant, les différentes périodes de l’année et donc les saisons, se caractérisent par des conditions environnementales très différentes : climat, micro-organismes présents, exposition à la lumière naturelle, alimentation, activités, humeur…

Lors de notre développement, nous serions donc en fonction de la saison exposés à un environnement différent par le biais de notre mère. De plus, les premiers mois de vie d’un nouveau-né sont très importants pour son futur état de santé. Il a alors été déterminé que les personnes nées en hiver seraient prédisposées à avoir des troubles neurologiques tandis que les personnes nées au printemps auraient plus de risques liés à des problèmes cardiovasculaires. Octobre et juillet seraient quant à eux, associés à l’asthme et le mois de novembre aux infections virales. 

En parallèle, diverses études axées sur la neurologie et la psychiatrie se sont penchées sur le même sujet. Il a été constaté dans les travaux de Spiro Pantazatos que le gyrus temporal  gauche supérieur (zone du cerveau au niveau des tempes) est plus développé chez les hommes ayant été mis au monde en automne et début d’hiver. Selon le chercheur, ce développement serait influencé par les différents photopériodismes saisonniers. Cette zone contenant le cortex auditif et l’aire de Wernicke joue un rôle important dans la cognition sociale. Ces résultats significatifs viennent de plus, renforcer les résultats d’études datant de 2005 et 2006, publiées dans la revue American Journal of Psychiatry.

Par la suite, Spiro Pantazatos a effectué son expérience dans le sens inverse. En effet, il est parti des différences neuro-morphologiques pour essayer de deviner les périodes de naissances des échantillons. Ainsi, il a obtenu un taux de réussite de 35%, ce qui certes reste faible qui statistiquement montre que ce n’est pas dû au hasard.

 Ainsi, ces facteurs saisonniers peuvent être considérés comme en partie responsables de prédisposition à des anomalies cérébrales précoces telles que la schizophrénie. En revanche, il est important de souligner que ces derniers sont probablement accentués par des supports génétiques associés. L’hypothèse majeure qui ressort de ces recherches serait donc une interaction entre environnement et gènes du développement. 

Enfin, le chercheur a tenu à insister sur le fait que ces prédispositions sont considérées vis à vis de sujets s’étant développés dans un climat similaire à celui de Londres, lieu où ce dernier a effectué ses recherches. En effet, les périodes annuelles ne sont pas associées aux mêmes conditions climatiques dans des pays différents.

Article rédigé par Sonia Mignon

Bibliographie :

  • Li, L., Boland, M., Miotto, R. et al. Replicating Cardiovascular Condition-Birth Month Associations. Sci Rep 6, 33166 (2016) (LIEN)
  •  Bersani Giuseppe Excess in the spring and deficit in the autumn in birth rates of male schizophrenic patients in Italy: Potential role of perinatal risk factors , The journal of Maternal-Fetal & neoanatal medicine, volume 19, 2006
  • Spiro P., Prediction of individual season of birth using MRI,  NeuroImage, Volume 88, March 2014, Pages 61-68 (LIEN)
  • Source photographique : http://monptitconcert.fr/les-4-saisons-antonio-vivaldi