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La dégradation des sols liée aux méthodes d’agricultures

©Antoine Puig, 2017

L’Agriculture est le processus par lequel les êtres humains aménagent leurs écosystèmes et contrôlent le cycle biologique d’espèces domestiquées, dans le but de produire des aliments et d’autres ressources utiles à leurs sociétés. 

Ce processus est relativement récent et date de la fin de la dernière ère glaciaire, il y a 14 000 ans, quand les chasseurs-cueilleurs commençaient à se sédentariser.

De nos jours, l’agriculture conventionnelle a de nombreux effets négatifs sur les sols. Nous faisons face à une dégradation importante de ceux-ci, et à une nécessité de les entretenir pour le maintien des cultures.

Les labours excessifs sont une des principales raisons de la dégradation des sols. En effet, le labourage augmente l’imperméabilité des sols et empêche l’infiltration de l’eau. Il en résulte alors une érosion accrue comparé à une parcelle non labourée et qui comporte des friches pour retenir l’eau. Les plantes ont aussi plus de mal à s’enraciner dans les sols, causant ainsi une instabilité de celles-ci et une perte de rendements.

Fig 1 : Microbial biomass (C and N) under conventional tillage and conservation agriculture
©Balota, Andrade and Colozzi Filho, 1996

Pour pousser, une plante a besoin de nutriments et principalement de minéraux, qui sont produits par les microorganismes et les vers du sol. Ils vont en effet se nourrir des végétaux en décomposition qui y sont présents, et fourniront en retour les nutriments nécessaires au bon développement de la plante. Les vers de terre sont très importants dans les sols car en plus de fournir ces ressources ils permettent, via leurs galeries, aux racines de pousser plus facilement en les empruntant.

Du côté des microorganismes, deux types sont souvent trouvés dans les sols : les bactéries et les champignons. Les bactéries constituent la plus grande biomasse organique du sol et y sont nécessaires car elles contribuent au cycle du carbone et au recyclage des nutriments. Les champignons, eux, sont responsables d’un des processus les plus importants de la décomposition, la dégradation et l’assimilation de la cellulose. Les champignons des sols peuvent être regroupés en 3 grands groupes :

  • Les décomposeurs, qui convertissent la matière organique en nutriments
  • Les mutualistes, comme les champignons mycorhiziens, qui ont une relation de symbiose avec les racines des plantes. Ils augmentent la surface des racines en leur permettant d’utiliser plus de ressources.
  • Les pathogènes ou les parasites, qui colonisent les racines ou les autres organismes et qui causent une réduction de la production.

C’est souvent à cause de ceux-ci que des produits phytosanitaires sont utilisés. Les bactéricides, fongicides et insecticides vont alors tuer les microorganismes et insectes du sol, qui ne pourront pas dégrader la matière organique pour en faire des nutriments. De plus, les herbicides détruisent les « mauvaises herbes » et réduisent les ressources disponibles et dégradables.

L’usage d’engrais et de pesticides permet aux cultures d’avoir de plus gros rendements, mais détruisent les sols jusqu’à les rendre dépendant. En effet, un sol qui aura perdu sa richesse à cause de ces produits nécessitera un usage de ceux-ci pour garder une certaine fertilité, ce qui mène alors à un cercle vicieux.

Fig 2 : Trends in fertilizer use
©SOLAW, FAO, 2011

Dans le monde, il y a une perte moyenne globale de 0.3% du rendement des cultures annuelles. D’ici 2050, si ce taux ne change pas, une réduction de 10% des récoltes potentielles annuelles se produirait. Cela signifierait la disparition de 150 millions d’hectares de surface agricole, soit 4.5 millions d’hectares par an, soit la disparition d’un terrain de football toutes les 5 secondes.

Article écrit par Alexis Maussire

Bibliographie :

Sources photographiques :