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L’animal (teinté) du jour

© Bruno Berthémy

CARTE D’IDENTITÉ

Nom: Le gypaète barbu (Gypaetus barbatus), est un grand vautour, qui est la seule espèce à appartenir au genre Gypaetus.

Habitat: Il existe deux sous-espèces de gypaète, le meridionalis qui vit en Afrique orientale et le barbatus, présent en Afrique du Nord, en Europe et en Asie. Il vit dans les zones montagneuses, en hauteur, au niveau de grottes ou de falaises. C’est  l’une des quatre espèces de vautours présentes en France et l’un des plus grands rapaces d’Europe. 

Taille: Le gypaète barbu présente une envergure pouvant aller de 2,60 à 2,90 m.

Mode de vie:
Cette espèce étant nécrophage, elle se nourrit des restes osseux des espèces qui partagent son biotope : moutons, chamois, bouquetins… Ce régime alimentaire particulier, lui est permis grâce à une anatomie interne adaptée. En effet, ce rapace, grâce à un gosier élastique, peut avaler des os allant jusque 30 cm ! De même, des sucs gastriques très efficaces lui permettent une digestion optimale. Mais son anatomie ne fait pas tout, son comportement atypique lui est également très utile pour arriver à ses fins : son surnom “casseur d’os” en dit long sur ses habitudes, consistant à casser les os trop gros sur des gros rochers afin de pouvoir les consommer. Ainsi, on peut affirmer que le Gypaète est capable d’utiliser des proto-outils ! 

La fin de l’hiver, lors duquel de nombreux herbivores ne survivent pas, constitue donc pour le gypaète, un grand festin. C’est là que l’évolution fait bien les choses, en ayant coordonné ce phénomène avec la période de reproduction de ce vautour. Le gypaète pond ses oeufs en plein hiver, ainsi, quand le poussin naît, en fin d’hiver, la nourriture ne se fait pas rare et permet le bon développement du jeune. En revanche, malgré ces conditions favorables, même si plusieurs oeufs sont pondus, un seul poussin sera élevé, puis chassé du territoire de ses parents au début de l’automne suivant. 

Dessin de Léa Prévost

CE QU’IL FAUT RETENIR SUR L’ANIMAL EN QUESTION POUR DRAGUER… OU PAS

Le Gypaète barbu est souvent connu pour son apparence atypique caractérisée par ses vibrisses qui sont des sortes de moustaches qui descendent sous son bec, ainsi que par son buste orangé. Seulement, la vraie couleur de ce vautour en dehors de ses ailes noires, est le blanc ! La couleur orange n’est pas naturelle. En réalité, le Gypaète barbu se colore volontairement grâce à des bains de boue. Des théories sont exposées, expliquant que plus cet oiseau est coloré, plus il possède un caractère dominant. Ceci serait expliqué par un effet bénéfique de l’oxyde de fer, contenu dans les bains, sur la santé de ces derniers. Ce signal constituerait alors une indication de bonne santé et donc de disponibilité sexuelle.

Malgré ces faits passionnants sur cette espèce, elle reste menacée à l’échelle mondiale et européenne comme l’indique la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. En France, elle est considérée comme “en danger”. Étant un maillon essentiel de son réseau trophique de part son régime particulier, il est nécessaire de la protéger !

Article écrit par Sonia Mignon

Sources :