Animal du jour

L’animal (danseur) du jour

Frédérique et Sébastien VASQUEZ©

CARTE D’IDENTITÉ

Nom : Le “pom-pom” crabe ou crabe boxeur mosaïque, de son nom scientifique Lybia tessellata, est une espèce de crabe appartenant à la famille des Xanthidae dont la principale caractéristique est la vie dans des récifs coralliens.

Habitat : Ce crabe se retrouve exclusivement dans des récifs coralliens de l’Indo-Pacifique, jusqu’à 40 mètres de profondeur.

Taille : Cette espèce ne dépasse généralement pas les 20 millimètres, mais peut (très rarement) atteindre les 7 centimètres.

Mode de vie : Lybia tessellata vit dans les anfractuosités des récifs coralliens (zones détritiques) et sous les pierres. Il est détritivore et prédateur de petits invertébrés et de crevettes. L’espèce est gonochorique, la femelle porte les œufs de couleur rouge 2 semaines durant sous son abdomen, puis les larves rejoignent le milieu planctonique pour s’y développer.

Dessin de Léa Prévost

CE QU’IL FAUT RETENIR SUR L’ANIMAL EN QUESTION POUR DRAGUER… OU PAS

Ce crabe peut paraître facilement repérable étant donné les nombreuses couleurs qui l’habillent (le rouge, le blanc et le noir) et les motifs en mosaïque qui ornent sa carapace. Mais en réalité, il est rarement observable en plongée. Il ne faut pas oublier qu’il mesure moins de 3 centimètres et que ses couleurs vivent se fondent à merveille avec celles des coraux. Mais comment fait-il pour se défendre contre ses prédateurs lors de ses petites balades, loin de la sécurité et des cachettes que lui offrent les anfractuosités des coraux ?

En fait, ce petit crabe a plus d’un tour dans son sac, ou plutôt dans ses pinces. Il illustre un phénomène rare chez les invertébrés : “l’utilisation d’outil par un non humain”. Pour la plupart des crabes, les pinces sont utilisées directement comme des armes de défense, de parade ou encore de prédation. Chez notre boxeur, les pinces se sont tellement spécialisées qu’elles n’ont plus qu’une seule fonction : celle de tenir par leurs pieds deux petites anémones ramassées dans son milieu de vie. Si l’une des deux anémones meurt ou est perdue, le crabe se contente de prélever un échantillon sur celle qui lui reste. Le fragment se régénère alors en une nouvelle anémone en seulement quelques jours.

Il arrive aussi que les crabes se volent des anémones entre eux. Plusieurs espèces d’anémones peuvent être utilisées dans cette interaction mutualiste. Cela dépend de ce que le crabe trouvera dans son environnement. Ce sont donc les anémones qui vont alors lui servir de moyen de nutrition, puisqu’en ramenant régulièrement les anémones à sa bouche il va pouvoir récupérer des petites particules collées sur les tentacules urticants, mais aussi d’armes contre un agresseur. Lorsqu’un prédateur un peu trop téméraire ou ignorant tente d’en faire son repas, notre crabe boxeur va exécuter une petite danse en agitant ses deux prisonnières comme une pom-pom girl ou un boxeur. Les anémones possèdent de nombreux cnidocytes tout le long de leur pinacoderme. Donc attention, qui s’y frotte, s’y pique méchamment !

Il arrive même que face à un prédateur hésitant, notre petit crabe, lui, n’hésite pas à avancer vers ce dernier en levant bien haut ses deux anémones pour le menacer et pour le narguer par la même occasion. Lorsque ces manœuvres d’intimidation échouent, le crabe est capable de lancer ses amies urticantes sur le prédateur avant de s’enfuir. Attention. Il ne s’agit en aucun cas d’une interaction mutualiste obligatoire pour le crabe et les anémones utilisées. Ils sont parfaitement capables de survivre l’un sans l’autre. Ces crabes sont très célèbres et demandés en aquariophilie, bien qu’ils ne survivent pas plus que quelques mois en aquarium.

Article écrit par Léa Prévost

Sources :