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L’animal (cornu) du jour

© Matt Jeppson / Shutterstock

CARTE D’IDENTITÉ

Nom: Bien que Phrynosoma cornutum soit une espèce de lézard appartenant au sous-ordre des sauriens, elle est plus communément appelée crapaud cornu, ainsi que plusieurs autres vertébrés cornus. Mais il porte un autre nom peu connu qui lui vient des indigènes: le Tapaya. Son corps aplati recouvert de pointes et d’écailles n’est pas sans rappeler celui des iguanes, mais sa principale caractéristique est sa tête couronnée de nombreuses cornes.

Habitat: Cette espèce est répartie aux États-Unis et au Mexique à des altitudes ne dépassant pas les 1330 m, résidant dans des régions arides ou semi-arides. C’est à dire des désert rocheux avec une couverture végétale éparse.

Taille: Le Tapaya présente un dimorphisme sexuel. Les femelles, plus grosses que les mâles, peuvent grandir jusqu’à 11,4 cm, alors que les mâles ne dépassent généralement pas les 9,4 cm.

Mode de vie: Ce lézard à cornes solitaire n’interagit avec d’autres membres de l’espèce que pendant la reproduction, ou lors d’une compétition pour un territoire ou pour les petits insectes dont il se nourrit. C’est une espèce ovipare. La femelle va enterrer ses oeufs blancs dans un terrier avant de les abandonner. Les juvéniles ne recevant pas d’autres soins parentaux, ils deviennent indépendants dès l’éclosion.

Dessin de Léa Prévost

CE QU’IL FAUT RETENIR SUR L’ANIMAL EN QUESTION POUR DRAGUER… OU PAS

Il faut savoir que tout comme les tortues, ces lézards ne possèdent pas de chromosomes sexuels. Le sexe de l’animal serait donc, déterminé par la température du terrier durant leur développement. 
En octobre, les lézards à cornes commencent à hiberner. Ils s’enfouissent dans le sol dans des zones où l’exposition au soleil sera la plus élevée durant l’hiver. Ce n’est que fin mars qu’ils sortent de leurs terriers, prêts à entamer la saison des amours et à se trouver une ou plusieurs partenaires.
Pour cela, notre petit Tapaya va communiquer par des mouvements. Il balance la tête de haut en bas d’une façon spécifique en fonction de son but : montrer de l’intérêt à une potentielle partenaire ou définir des limites territoriales à ses concurrents.

Le reste de l’année, tout comme nous, cet animal a un emploi du temps bien précis. Le matin et le soir, on peut le retrouver à découvert, faisant le guet à la recherche d’insectes à se mettre sous la dent. Mais l’après-midi, il se met à l’abri de la chaleur sous la végétation ou sous terre. La ponte des oeufs est la seule activité nocturne de l’animal et ne concerne que les femelles.

Mais la chaleur n’est pas la seule chose que les Tapayas cherchent à éviter durant l’après midi. Ils essaient aussi de fuir leurs nombreux prédateurs. Des canidés, des reptiles , des oiseaux … En cas de rencontre avec l’un d’entre eux, ce petit lézard reste immobile, tentant de passer inaperçu.
Néanmoins, en cas d’échec, celui-ci peut prendre une posture défensive, se gonflant afin de paraître imposant et faire ressortir ses épines.
En dernier recours, celui-ci peut utiliser ses cornes pour transpercer la peau du prédateur ou envoyer du sang chargé d’un composé nauséabond par ses yeux, droit sur l’agresseur. Pour cela le crapaud cornu augmente la pression artérielle à l’intérieurs des sinus orbitaux, ce qui provoque une rupture du vaisseau sanguin.

Malgré cette caractéristique, le Tapaya contribue fortement à notre économie en tant qu’animal domestique. Il est très convoité par les amoureux des reptiles mais heureusement pour l’espèce, elle n’est pas encore en voie de disparition. Elle est même qualifiée de stable, malgré de probables extinctions dans certaines régions.

Article écrit par Léa Prévost

Sources :