Biocalendrier de l'Avent

Des bactéries magnétiques pour soigner le cancer ?

Aujourd’hui, le traitement contre le cancer fait face à deux problématiques : premièrement les molécules ont du mal à atteindre la zone hypoxique de la tumeur, zone où les cellules cancéreuses prolifèrent à gogo. Deuxièmement lors du traitement, nous ne sommes pas capable de viser uniquement les cellules cancéreuses, ainsi les cellules saines sont aussi détruites par les médicaments.

C’est là qu’intervient notre chère Magnetococcus marinus. Elle a plusieurs caractéristiques qui font d’elle une bactérie sauveuse : elle est capable de transporter des vésicule dans lesquelles on aurait mis des traitement anticancer. Sa taille 1 micromètre est idéale pour se faufiler dans les tumeurs. Ses flagelles lui permettent de nager 200 fois sa taille en une seconde, digne d’une nageuse olympique !

Mais par dessus tout, cette super bactérie, dite magnétotactique, possède deux capteurs naturels lui permettant de se déplacer dans l’espace :

  • le premier lui permet de repérer le teneur en oxygène dans son environnement (aérotaxie)
  • le deuxième lui permet de repérer les lignes du champ magnétique terrestre (magnétotaxie)

A-t-on déjà vu un GPS aussi sophistiqué ? La magnétite (Fe3O4) en forme de magnétosomes est le composant de ce capteur, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous.

La chaîne de magnétosomes se comporte comme un aimant : elle s’aligne avec le champ magnétique et sert de boussole à la bactérie. La bactérie peut ainsi se diriger vers le fond de l’océan.

Le patient serait placé dans une machine pouvant créer un champ magnétique tridimensionnel qui orienterait les bactéries jusque la tumeur. Une fois les bactéries proches de la tumeur, il ne manque plus qu’à entrer dans le coeur de la tumeur. Et c’est là qu’intervient l’aérotaxie de notre bactérie, qui se dirigent naturellement vers le coeur de la tumeur, pauvre en oxygène.

Mais que devient la bactérie une fois qu’elle arrive dans les zones de prolifération de la tumeur ? Après avoir passé tout ce temps à 37°C, les bactéries meurent naturellement, libérant ainsi les liposomes et les médicaments.

Cette technique est encore au stade d’expérimentation sur des souris, il va falloir attendre quelques années avant de la voir peut-être appliqué aux être humains !

Rédigé par : MB

 

Sources :

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=Magneto-aerotactic+bacteria+deliver+drug-containing+nanoliposomes+to+tumour+hypoxic+regions

https://www.youtube.com/watch?v=27IX-jovsD4&t=303s

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