Visite guidée des Serres de Jussieu

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serres jussieuLes serres de Jussieu, cette structure surplombant le campus, est celle que l’on voit sans la voir depuis la passerelle du bâtiment B/C : un intrigant édifice, tout de verre et de lumière, qui laisse entrevoir quelques feuilles et fleurs colorées, et fermée au public en temps normal… Symbiose 6 a pu vous ouvrir les portes de ce lieu de Recherche en Biologie Végétale! Retour sur cette visite guidée exclusive du 3 octobre 2014 avec Emmanuel Gendreau, Maitre de conférences à l’UPMC. Nous allons vous présenter quelques beaux spécimens de plantes et bien sûr, vous saurez tout le fonctionnement de ces serres (lumière, arrosage etc..).

 Cette structure de verre avec des pièces cloisonnées permet de contrôler la température, l’apport en eau et surtout la lumière. Ce dernier paramètre est essentiel: il définit la photopériode, c’est le rapport entre la durée du jour et de la nuit, utile pour le contrôle des floraisons. La lumière artificielle utilisée permet de recréer le spectre solaire. En effet, les plantes perçoivent la lumière et même spécifiquement certaines couleurs notamment le rouge et le bleu. Par contre, la plante est « aveugle au vert ». Le saviez-vous ?

Ces longueurs d’onde, bleues et rouges, apportent des informations environnementales à la plante pour son guider son développement et lui permettre de résoudre les problèmes d’ombrage ou de calculer le jour dans l’année.

 Grâce à ces outils de contrôle de la lumière, Les botanistes-explorateurs comme la Famille De Jussieu ont pu rapporter et étudier de nombreuses plantes du sud ou exotiques rapportées en Europe lors de la découverte du monde par les explorateurs européens lors des XVII-XVIII siècle.

En Grande-Bretagne, cette culture scientifique est très présente car elle fut un puissance coloniale majeure, l’Orchidée en est un parfait symbole. Même dans un pays froid, les serres ont permis la culture de ces plantes habituées à un climat chaud. En effet, « serre » vient de « serrer »: le but premier était alors d’éviter le gel, surtout au niveau des racines. Ceci a permis de mieux connaître et analyser un certain nombre de plantes nouvelles, notamment pour la pharmacopée.

Le chrysanthème est une plante florale rapportée avant les navigateurs depuis le Japon et la Chine qui nécessite de la lumière pendant une période courte et tardive: octobre-novembre. Très travaillé au niveau horticole, il en existe de nombreuses variétés. En Europe, elle symbolise la Toussaint dans la religion catholique mais elle n’avait pas du tout la même connotation en Asie: c’était une fleur impériale pour les samouraïs. Astuce pour l’empêcher de fleurir: le soumettre à une lumière du jour long.

Pour les étudiants en licence, le nom d’Arabidospis thaliana vous est sûrement familier. Et bien c’est ici qu’on les cultive pour vos Travaux Pratiques. Chaque individu produit 5 000 à 10 000 graines. Ceci permet de travailler sur des grandes populations et d’observer au niveau génétique, les événements rares et mutants. Autre exemple, la violette du Cap en Afrique du Sud présente dans nos serres a servi à des expériences en physiopathologie et en biotechnologie lors des ateliers de Licence et de Master car cette plante se régénère facilement, ce qui rend le clonage facile (individu identique). L’apport d’eau se fait par arrosage via des tuyaux dans chaque pot de culture (cf photo) ou directement à l’arrosoir. On peut déposer de l’eau sur les feuilles mais cela risque de les rendre fragiliser dans certains cas et de laisser des tâches voir d’induire l’entrée de pathogènes. La principale stratégie de défense repose sur le principe de la terre brûlée. Les phytohormones (système circulant apportant l’information de manière systématique) activent ce système de défense via l’acide salicylique et jasmonate.

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 Nous avons eu la chance de découvrir diverses espèces végétales: hibiscus, althéa, carotte, caféier, Gossypum hirsutum (coton), et bien d’autres encore…! En parlant du coton: plante importée d’Inde, la culture du coton est chose courante pour nous. Nous en avons besoin pour la fabrication du tissu, nos vêtements quotidiens. Or, un ravageur du coton, Spodoptera littoralis un lépidoptère phytophage pose un problème majeur actuellement. L’idée actuellement est de travailler sur la résistance naturelle de différentes espèces sauvages et d’introduire génétiquement par sélection assisté par marqueurs dans les lignées cultivées. Cette approche ne nécessitent pas de passer par des OGM.

Et vous étudiants, le café, vous en buvez souvent ? Comme le tabac, le caféier produit ses propres éléments de défense: le café. Il sécrète une molécule appartenant à la classe des alcaloïdes qui cible le système nerveux. Les plantes ne servent pas seulement à faire joli sur un balcon, un jardin ou sur une table de salon.

Pour finir, la biologie végétale a une place importante dans le Monde: source d’alimentation, matière première pour le textile, la bioénergie, élément essentiel pour la pharmacopée humaine face aux pathologies etc. Beaucoup de chercheurs découvrent et redécouvrent les caractéristiques de ces espèces vivantes, foyer d’enjeux et d’innovations scientifiques.

Rien que pour votre plaisir, une vidéo extraite de la visite guidée des serres de Jussieu sera publiée prochainement…stay tuned!

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