Pourquoi les drosophiles se noient dans l’alcool ?

Posté le Posté dans Science

Se faire rejeter par le beau sexe, ça fait mal. Quoi de plus naturel de se consoler avec une valeur sûre: une bonne vieille peinte. Et bien sachez que vous n’êtes pas les seuls. Un récent article du journal Science nous démontre que nos amies les mouches du vinaigre font de même.

L’expérience consistait à mettre en contact des mouche mâles avec des femelles ayant été ou pas en galante compagnie auparavant. Donc ayant eu leur dose de crazy monkey sex ou pas.

Vous ne le savez peut être pas mais les mâles Drosophilia melanogaster en connaissent un rayon niveau drague. Lorsqu’ils trouvent une Jolie mouche ils ne lui chantent pas une douce sérénade comme :I belive I can fly mais ils commencent par faire vibrer une de leur aile, caressent le postérieur de leur cible puis reniflent leur parties plus intimes (très gentleman).

Comme vous pouvez vous en douter les femelles ayant déjà été contentées ont délicatement rejeté les mâles leur faisant des avances alors que les autre étaient ravies qu’un partenaire leur propose de faire des galipettes. Un troisième lot comprenait des mouches femelles décapitées qui ne refusaient donc pas activement les avances mais qui ne les acceptaient pas vraiment  non plus ( avec un peu de nécrophilie c’est plus glamour).

Les chercheurs ont ensuite proposé une nourriture normale ou avec un ajout d’éthanol aux mâles et ont mesuré leur préférence pour examiner le lien entre la consommation d’alcool et la frustration sexuelle.

Les mouches ayant été rejetées ont significativement augmenté leur consommation d’alcool par rapport à leur confrères satisfaits. Ils ont aussi remarqué que ce comportement continuait plusieurs jours après leur ‘râteau’, et que si une jeune femelle un peu frivole contentait finalement leur besoin ils retournaient naturellement vers une nourriture normale.

Après leur avoir permis de passer du bon temps entre elles les scientifiques ont finalement décidé de disséquer leur cerveau afin d’identifier les mécanismes physiologiques de ce phénomène. Ils ont découvert un neurotransmetteur particulier: le neuropeptide F (NPF) qui semble relié au comportement décrit précédemment. Nous possédons un neuropeptide similaire: le neuropeptide Y (NPY) qui constituerait  une bonne base de départ pour étudier le processus de récompense dans l’alcoolisme.

Je n’irais pas plus loin dans la description de cette étude mais si vous êtes intrigués par ces résultats vous pourrez trouver de plus amples information dans l’article original:

Shohat-Ophir, G, KR Kaun & R Azanchi (2012). Sexual Deprivation Increases Ethanol Intake in Drosophila. Science 335: 1351-1355.

Et pour y accéder gratuitement je vous suggère de vous pencher sur mon article précédent.

Pour finir avec un peu de poésie  voici une vidéo de cette étude:

[Photo]

2 thoughts on “Pourquoi les drosophiles se noient dans l’alcool ?

  1. Mon Rominou, j’adore ton article ! Mouches, Humains, même combat ! Par contre je crois que tu as oublié un « SE » dans le titre… ^^

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