À l’origine de la création des écoles vétérinaires… des morveux à Fragonard

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Vous avez déjà entendu parler de la tuberculose ? La maladie que nous allons vous présenter ici est tout aussi mortelle… Nous avons eu l’occasion de la découvrir lors de notre 16e VAMOS au musée Fragonard, situé dans l’enceinte de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort.

Réalisé en 1836 par Eugène Petitcolin.

Ce moulage en cire est celui du visage d’un étudiant d’Alfort mort en 1836 de la morve, maladie équine touchant l’appareil respiratoire due à la bactérie Burkholderia mallei.

Si cette maladie très contagieuse a aujourd’hui disparu de l’Europe occidentale, elle n’y a pas moins fait des ravages à l’époque. En effet, chez le cheval, la morve implique une ulcération des poumons, de la trachée et des fosses nasales, ce qui entraîne une jetage jaune et sanguin par les narines. D’où l’appellation de morveux donnée aux enfants quand leurs nez coule…

Il existe aussi une forme cutanée de la maladie qui provoque des « farcins » sur la peau, comme on peut le voir sur ce moulage.

La morve est une zoonose, c’est-à-dire qu’elle se transmet des vertébré à l’Homme, et inversement. Chez l’Homme, les symptômes sont très différents et entraînent une mort dans des douleurs atroces. Il y a aujourd’hui une réglementation très stricte en termes d’hygiène pour éviter la propagation de cette maladie.

La maladie a touché au XVIIIe siècle une grande partie du cheptel équin de la France, c’est pourquoi elle a participé à la création des écoles vétérinaires.

La première école vétérinaire a d’ailleurs été créée à Lyon au XVIIIe siècle. Elle a accueilli comme directeur et professeur d’anatomie Honoré de Fragonard, avant que celui-ci ne rejoigne l’école vétérinaire de Maisons-Alfort fondée par la suite.

Fragonard est un anatomiste passionné qui ne se contente pas de disséquer ses sujets : il utilise une technique particulière qui a fait le succès de ses œuvres, appelés Ecorchés. Avant toute dissection, il injecte les veines une à unes, puis fait sécher le corps dans la position voulue à l’aide d’alcool. Enfin Fragonard peint les veines en bleu et les artères en rouge avec un vernis à base de mélèze le protégeant des insectes. Voilà le résultat :

Ecorché cavalier       330px-ecorche_cavalier_fragonard_alfort_1

Le musée qui porte aujourd’hui son nom cache bien d’autres curiosités qui valent le coup d’œil, que ça soit des malformations d’animaux ou des organes d’animaux en taille réelle…

 

Sources :

Musée Fragonard de l’école vétérinaire de Maison Alfort

https://fr.wikipedia.org/wiki/Honor%C3%A9_Fragonard

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