Journée du Sommeil

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Le 28 mars dernier a eu lieu la 14ème Journée du Sommeil. Cet événement est organisé par l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance, en collaboration avec le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé. À cette occasion, Symobiose6 vous propose un article sur ce sujet.

 

Nous passons près d’un tiers de notre vie à dormir. Le sommeil semble nécessaire, voire indispensable à notre survie. Mais du point de vue biologique, que se passe-t-il lorsque nous dormons? Et qu’en est-il des autres espèces animales?

Au cours de la vie, la durée de sommeil nécessaire tend à diminuer: un nouveau né dort environ 18h par jour, contre 10h pour un enfant de 10 ans, et seulement 7 à 8h chez un jeune adulte. Cette variabilité s’explique par la fréquence de l’alternance des phases de sommeil paradoxal et de sommeil lent.

  • Sommeil paradoxal: sommeil durant le quel on observe un Electro-Encéphalo-Gramme (EEG) similaire à celui en état de veille, présentant des oscillations rapides et de faible amplitude. C’est pendant ce type de sommeil que nous rêvons.
  • Sommeil lent: l’EEG présente des oscillations de grande amplitude, bien synchronisées et de faible fréquence. L’activité cérébrale est très basse et on considère ce sommeil comme celui du repos cérébral.

Plus on approche de l’âge adulte, plus la durée des phases de sommeil paradoxal diminue: le sommeil paradoxal représente 60% du temps de sommeil chez les nouveaux nés, puis environ 25% chez l’adulte.

Le sommeil lent est constitué de 4 stades, allant de l’assoupissement au sommeil profond, chaque stade correspondant à un tracé caractéristique sur l’EEG.

 

Le sommeil est régulé par une activité neurobiologique et hormonale importante. L’alternance de phases de veille diurne et de sommeil nocturne résulte de l’interaction de plusieurs facteurs physiologiques et environnementaux. La luminosité joue un rôle important: la rétine de l’œil contient des cellules photo-sensibles capables de transmettre à l’hypothalamus des informations sur le degré de luminosité. Cette structure située à la base du cerveau relaie l’information à l’épiphyse, petite glande sécrétant la mélatonine (« hormone du sommeil »). La sécrétion de mélatonine est inhibée par une forte luminosité et est maximale la nuit, ce qui explique pourquoi nous avons un cycle de sommeil nocturne. Du point de vue neurobiologique, on note l’importance de l’accumulation de l’adénosine dans les structures cérébrales: pendant la période d’éveil, cette molécule a tendance à s’accumuler dans le cerveau, jusqu’à atteindre un seuil au-delà duquel l’activité cérébrale est inhibée, déclenchant ainsi un état de somnolence. Le thé et le café sont des inhibiteurs des récepteurs d’adénosine, c’est pour cela qu’ils permettent de retarder la survenue de l’état de somnolence.

Le sommeil joue un rôle très important dans le maintien des capacités intellectuelles telles que l’apprentissage la mémorisation, les capacités d’adaptation, de concentration etc… Certaines études ont suggéré que le sommeil permet de stabiliser les connexions synaptiques au niveau des neurones, influant ainsi sur la mémoire (innée ou acquise). D’autre part, son implication dans la croissance chez les enfants ou encore la réparation de certains tissus (osseux) chez l’adulte a été démontrée : la somatotropine, hormone de croissance sécrétée par l’anté-hypophyse, est essentiellement produite par l’organisme durant les phases de sommeil profond.

 

Du point de vue évolutif, il est important de noter que l’alternance de phases de sommeil paradoxal et de sommeil lent n’existe que chez les mammifères et les oiseaux, bien que l’on constate déjà la nécessité de dormir chez les autres vertébrés. Le sommeil lent existe chez toutes les espèces animales, en revanche, le sommeil paradoxal est propre aux mammifères et aux oiseaux. Chez les mammifères marins, on a découvert l’existence d’un type de sommeil très particulier. En effet, ces animaux vivant sous l’eau ont besoin de se réapprovisionner en oxygène en regagnant la surface de l’eau à intervalles réguliers (quelques minutes chez le dauphin par exemple). Il est alors difficile de comprendre comment et quand ces mammifères peuvent dormir malgré tout. Au cours de l’évolution un système très particulier a été sélectionné afin de permettre à la fois le sommeil et la prise d’air régulière : les deux hémisphères du cerveau ont la capacité de se « déconnecter » l’un de l’autre, de telle façon que lorsqu’un des hémisphères est endormi, l’autre garde le contrôle et permet à l’animal de continuer à se déplacer et donc à regagner la surface lorsqu’il doit respirer.

 

 

Nos connaissances sur le sommeil sont riches, néanmoins de nombreuses questions restent en suspend et les pistes de recherches sot nombreuses. Le sommeil paradoxal, « sommeil des rêves », est de loin le plus étudié et la compréhension des mécanismes neurologiques et psychologiques intervenant dans la formation des rêves passionne de nombreux chercheurs.

 

 

Sources:

www.inserm.fr

www.institut-sommeil-vigilance.org

www.edouard-lopez.com (Biologie et fonction du sommeil)

images: www.chu-tours.fr

www.lecerveau.mcgill.ca

www.sommeil.univ-lyon1.fr

 

 

 

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